La réglementation européenne sur les cosmétiques subit une révision majeure, entrera en vigueur en 2026 et redéfinira le paysage de la conformité industrielle
Porté par les progrès scientifiques et technologiques, les dernières opinions du Comité scientifique de la sécurité des consommateurs (CSSC) et des exigences accrues en matière de transparence du marché, le cadre réglementaire européen des produits cosmétiques est en pleine transformation. Alors que le règlement (CE) n° 1223/2009, pilier de ce système réglementaire, continue d'établir des normes strictes en matière de sécurité, d'étiquetage, de notification et de contrôle des ingrédients, une série de modifications importantes récemment introduites par la Commission européenne aura un impact direct sur les fabricants de produits cosmétiques, les laboratoires et les personnes responsables.
Ces modifications, fondées sur les derniers avis scientifiques du SCCS et alignées sur le règlement européen relatif à la classification, à l'étiquetage et à l'emballage des substances et mélanges (règlement CLP, CE n° 1272/2008), introduisent de nouvelles interdictions d'ingrédients, des restrictions d'utilisation et des conditions d'application. La Commission européenne a proposé des amendements complets aux annexes du règlement (CE) n° 1223/2009, dont l'entrée en vigueur est prévue pour le premier trimestre 2026. Cela reflète pleinement l'engagement réglementaire de l'UE à respecter le principe de précaution et à mettre continuellement à jour les données scientifiques sur la sécurité des ingrédients dans le secteur des cosmétiques.
En ce qui concerne les amendements spécifiques, le nouveau règlement introduit des ajustements importants à la liste des ingrédients cosmétiques. Le règlement (UE) 2025/877, publié en mai 2025, a déjà modifié les annexes II et III, ajoutant 21 substances chimiques interdites, notamment l'acide diméthylphosphonique, et révisant la classification de certaines substances. Le règlement (UE) 2025/877, publié en mai 2025, a déjà révisé les annexes II et III. Il ajoute 21 produits chimiques interdits, notamment l'acide diméthylphosphonique, et ajuste les catégories réglementaires de substances telles que l'oxyde de triméthylbenzoïldiphénylphosphine. Cette révision est entrée en vigueur le 1er septembre 2025. Parallèlement, en alignement avec les exigences mises à jour du règlement CLP, les normes d'étiquetage des produits cosmétiques ont été renforcées. Les normes spécifiques relatives au format des pictogrammes de danger, des mots de signalisation et des mentions de danger ont été précisées, tandis que des options d'étiquetage numérique ont été introduites pour la première fois. Les entreprises peuvent désormais fournir les informations sur les ingrédients et la sécurité via des supports numériques conformes, à condition que ces informations restent traçables et librement accessibles.
En réponse à la forte préoccupation du secteur concernant la gestion des substances cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (CMR), la proposition de révision établit des mécanismes réglementaires plus clairs. Ces mécanismes comprennent la fixation de délais pour les demandes d'exemption, la mise en place de périodes de transition, la simplification des critères d'exemption et la clarification des règles de classification des ingrédients naturellement complexes afin d'éviter une surréglementation. Par ailleurs, le processus de notification des nanomatériaux a été optimisé. Les entreprises n'ont désormais plus besoin de soumettre des notifications séparées six mois à l'avance ; les informations pertinentes peuvent maintenant être intégrées au rapport sur la sécurité du produit cosmétique (CPSR), réduisant ainsi considérablement la charge administrative.
Les révisions réglementaires posent plusieurs défis techniques pour l'industrie : les entreprises doivent revoir les formulations de leurs produits afin de garantir la conformité avec les ingrédients nouvellement interdits ou restreints. La conception des étiquettes doit simultanément satisfaire aux exigences relatives aux étiquettes papier et aux normes techniques pour les étiquettes numériques, l'adaptation multilingue devenant essentielle. Les processus d'évaluation de la conformité pour les substances CMR et les nanomatériaux doivent être mis à niveau en parallèle. Les experts du secteur recommandent aux entreprises de mettre en place des mécanismes dynamiques de surveillance de la conformité et d'utiliser des plateformes d'information officielles telles que COSMILE Europe afin d'améliorer la transparence. Cette plateforme fournit des données officielles sur près de 30 000 ingrédients cosmétiques, prend en charge les recherches dans 14 langues et constitue une référence essentielle pour la sécurité des ingrédients et les opérations de conformité.
La Commission européenne souligne que cette mise à jour réglementaire constitue une mesure cruciale équilibrant la protection de la sécurité des consommateurs et l'innovation industrielle. Alors que la date de mise en œuvre en 2026 approche, les entreprises cosmétiques doivent accélérer les ajustements techniques et l'optimisation des processus afin de s'adapter proactivement aux nouvelles exigences réglementaires, garantissant ainsi un fonctionnement conforme sur le marché de l'UE.
